Saint Jean de Réome

Saint Jean de Réôme* 425-548 environ Les premières années du cinquième siècle sont marquées dans nos pays d’occident par toute une série d’évènements tragiques et confus sur lesquels les historiens les mieux informés n’ont pas encore réussi à faire une lumière définitive. C’est le temps des grandes invasions. « Des peuples innombrables et féroces, écrit saint Jérôme dans une lettre célèbre, ont occupé toute la Gaule ». Quades, Vandales, Sarmates, Gépides, Saxons, Burgondes, et Alamans ont profité de l’hiver exceptionnellement rigoureux de l’an 406 pour franchir le Rhin et se jeter sur les campagnes gallo-romaines. Leurs bandes indisciplinées se sont répandues à travers les dix-sept provinces, pillant et brûlant tout sur leur passage et ne laissant subsister qu’un très petit nombre de villes. Au bout de trois ans, le désastre est complet. En présence de l’inertie de l’empereur Honorius, dont toute la politique se ramène à des marchandages destinés à assurer le salut de l’Italie, la Gaule acclame des usurpateurs, que les barbares se font un jeu de soutenir et de combattre tour à tour. Un peu partout, les nobles arment leurs esclaves et leurs clients pour organiser eux mêmes la défense de la région où se trouvent leurs principaux domaines. Dans beaucoup de villes ce sont les évêques qui prennent la tête du mouvement et qui deviennent pour le bien de tous, défenseurs de leur cité. Au cours de ces malheurs, Langres a été détruit, ou du moins presque totalement ruiné. Dijon, par une singulière fortune, est parvenue à surmonter la tourmente. Et c’est à l’intérieur de ses murs, autrefois construits par Aurélien et soigneusement entretenus par les empereurs de la dynastie de Constantin, qu’à reflué, évêque en tête, tout ce que la Lingonie compte de plus distingué. Dans les premières années de l’empereur Valentinien III (425-455), le chef de l’église langroise, définitivement installé dans la forteresse, ou Castrum, achève d’y construire une basilique. A coté s’élève un baptistaire, édifice récent, destiné à remplacer l’église primitive de la chrétienté dijonnaise, le vieux Saint Jean que la rigueur des temps à contraint d’abandonner au milieu de son cimetière, sur l’autre rive du Suzon. Non pas que les habitants du Castrum et de la région environnante soient dès lors unanimement ralliés à la foi chrétienne. Jusqu’au début du sixième siècle, on trouvera aux portes de Dijon, des villageois à demi païens, qui s’obstineront , en dépit de toutes les ordonnances épiscopales, à honorer par des offrandes les esprits des défunts. Tel était le milieu dans lequel grandirent, dans lequel se connurent et s’aimèrent les deux saints que Dieu, dans sa sagesse éternelle, avait prédestinés à devenir les père et mère de l’ « abbé Jean » : Hilarius et Quiéta. GB le 27 mars 2018 * Extrait des ‘’ Saints de chez nous ‘’ Archives départementales de la CO

Découvrir, faire connaître et sauvegarder un patrimoine exceptionnel. Hôpital Saint-Sauveurdu XVIIème, apothicairerie, jardins. Un monument historique et culturel en Bourgogne.