Etivey

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UN PEU D'HISTOIRE...

Situé à 261 mètres d'altitude, ses habitants sont appelés les Etivéens et les Etivéennes. Etivey : le nom a pour origine probablement un lieu de pâturage d'été « aestivale » (*)

Avant l'occupation romaine, la région où s'étendra plus tard le diocèse de Langres, était occupée par les Lingons, dont la capitale sera Langres (Andematunum).
Situé sur une voie antique de peu d'importance, qui reliait Noyers à Rougemont, Etivey se développa grâce à ces voies de communications au milieu de forêts immenses, reliées entre elles et permettant ainsi une meilleure circulation de la population. La disposition de ces routes n'a pas beaucoup changé depuis l'antiquité.

Etivey dépendait du baillage de Semur et du diocèse de Langres
Ernest Petit signale dans son « annuaire historique de 1854 » qu'une muraille d'enceinte entourait le village. Comme bien des villages le principal monument construit au centre de celui-ci est l' église, baptisée Saint Phal, qui date du XIIIe siècle, remaniée au XVI e et au XVIII e

St Phal était un jeune noble auvergnat qui vivait probablement au VIe siècle, fait prisonnier par un fils de Clovis il fut racheté par l'abbé Aventin de l' abbaye de L'isle-Aumont à coté de Troyes . Au décès d' Aventin il fut élu unanimement pour lui succéder. Le rayonnement de ses vertus se répandit hors du monastère, et réalisa nombres de miracles. Les titres de l'Abbaye de Moutiers-Saint-Jean témoignent que dès le milieu du XIIe siècle, elle avait des possessions dans le village, qui peu à peu finit par lui appartenir tout entier. La mainmorte, le formariage étaient à Etivey, comme dans les autres domaines de l'abbaye, le régime imposé aux habitants.
Cependant en 1521 les habitants sollicitèrent et obtinrent de l'abbé Sébastien de Rabutin l'affranchissement de leurs personnes et de leurs biens. Au changement d'abbé ce contrat d'affranchissement fut remis en cause et dix années s'écoulèrent au bout de laquelle les habitants obtinrent seulement gain de cause arguant que : « qu'au moyen des droits de mainmorte, de taille et de formariage, leur village qui jadis était peuplé de bons et puissants laboureurs venait chaque jour en plus grande ruine et désolation. », le prélat comprit qu'il était temps de revenir sur le passé. Par contrat du 1er mai 1530, il abolit les servitudes de mainmorte, de taille, de corvées et de formariage. Il octroya le pouvoir de s'assembler chaque années le lendemain du jour de Saint-Phal , à l'effet d'élire 3 échevins ayant pouvoir de s'assembler pour traiter des affaires de la communauté.
Cette concession fut faite moyennant une taille annuelle et perpétuelle de 10 sols tournois par feu appelé la Bourgeoisie ou franchise et payable le jour de la Saint Martin d'hiver. Les habitants payèrent à l'abbé la somme de cent écus pour convenir à ses urgentes affaires. Il concéda aux habitants la propriété du bois de la Serbette moyennant une prestation annuelle de 2 sols tournois par feu, et enfin les habitants s'engagèrent à offrir, chaque année, le jour de Saint Jean l'Hôtelier, patron de l'abbaye, un cierge d'une livre. (Archives de la Côte d'Or, Fonds de l'abbaye de Moutier-Saint-Jean)
Il n'y a aucun document connu à ce jour qui retrace les événements subits par la population du village durant la guerre de cent ans et les guerres de religion, mais tout laisse à penser que ces événements n'ont pas été inoffensifs, car les villages aux alentours ont été largement incendiés et pillés.

Etivey est situé au milieu des couches inférieures et ferrugineuses de l'étage oxfordien. Son minerai de fer était l'objet d'exploitations importantes, on en a extrait pendant trois cent ans, jusqu'en 1847, il alimentait les hauts fourneaux d'Aisy et de Buffon. En 1784 le comte de Buffon écrit à M.de Repas : « J’ai acheté deux journaux de terre à Étivey qui seuls suffiraient pour entretenir mon fourneau pendant un grand nombre d’années ». Cette même année il est en procès avec monsieur de la Guiche également propriétaire à Etivey.

De 1770 à 1780 la famille d'Avout vécut à Etivey, le maréchal Louis Nicolas y passa ces 10 premières années, avec ses frères et sœurs : « Julie née en 1771, Alexandre en 1773 (le général) et Charles en 1776. Peu après la mort de son mari en 1779 Madame d'Avout quitta Etivey pour s'installer à Ravières.

La révolution française apporta son lot d'aléas et la commune vécue des moments plus ou moins difficiles entre nouvelle réglementations et élections diverses. L'annonce d'une liberté encore mal définie, qui respectait les biens particuliers, sauf ceux de l'Eglise, excita ceux qui cherchaient à augmenter leur domaine. Nombreux furent ceux qui occupèrent les terrains vagues de la commune et les défrichèrent, on fit même paître les bêtes dans le cimetière autour de l'église. La réquisition pour ravitailler, habiller et armer les troupes de la république, frappa d'abord les laboureurs, et s'étendit ensuite à toutes sortes d'objets. Tout le monde avait faim et on pris des mesures de surveillances et poursuites pour protéger récoltes et faunes. En 1791 la grêle, 1793 et 1795 le gèle la commune n'est plus en état de répondre aux réquisitions. Une partie des jeunes hommes de la population est enrôlée dans l'armée révolutionnaire.

Avec la naissance du premier Empire une nouvelle organisation de la communauté se met en place, les élus rassemblent ce qu'ils peuvent de documents concernant la commune afin de pouvoir gérer celle-ci dans de meilleures conditions.
En 1828, la décision de construire des citernes fut prise afin de récupérer le surplus de l'eau qui s'écoule de la mare, car le problème de manque d'eau est récurrent sur la commune. Il est décidé également la plantation de différents arbres : « pour maintenir la fraîcheur de nos eaux » il y en aura jusqu'à 230 plantés, dont il ne reste pratiquement plus rien aujourd'hui. Et enfin, en 1829 le conseil décide de la construction d'une maison commune, aujourd'hui la mairie. En 1845, un traité est passé avec Monsieur BOUDIN, horloger à Avallon, pour la construction d'une horloge communale, en remplacement de l'horloge à une aiguille dont on voit encore des traces du cadran sur la façade principale de l'église. 1861, le conseil consent à supporter, par moitié, la dépense nécessaire à l'achat des terrains pour le passage de la ligne de chemin de fer sur le finage de la commune. La guerre de 1870 va bouleverser la vie des citoyens, car Etivey va se trouver au milieu des opérations, le général Alix fera quelques séjours sur place. 1886, projet de translation du cimetière qui se trouve autour de l'église. 1890, construction du nouveau cimetière.

Le phylloxéra au XIXe eu raison de l'ensemble des vignes situées sur le village.

1914/18 : comme tous les villages de France, Etivey payera un lourd tribut à cette première guerre mondiale, 28 morts et l'ensemble de ses jeunes hommes appelés sur le front. 1940/1944, le village fut impliqué dans le conflit et eu également ses héros. La période après guerre verra une transformation magistrale de la vie à la campagne avec ses migrations dans un sens et dans l'autre, l'arrivée des grands travaux régionaux, l'autoroute, et le TGV transformant à coup de remembrement l'aspect de nos paysages. 1960/1970 construction de l'école (qui, aujourd'hui est fermée) de la salle des fêtes (transformation du lavoir qui ne servait plus à personne). La commune tend aujourd'hui à s'embellir pour faire un cadre de vie agréable, et reste vigilante sur la conservation de son passé, puisque nos belles provinces semblent s'endormir face à la mondialisation. Evolution démographique : 1793 = 707 1836 = 693 1872 = 555 1891 = 511 dont 4 étrangers (129 habitants à Sanvignes et 382 à Etivey) En 2012 = 217 . Aujourd'hui = 202

Lieux et monuments : L'église Saint Phal Le prieuré (propriété privée visible au travers le portail) Le portail XVIIIe de la résidence d'été des évêques de Langres Belle croix XVIIIe dans le cimetière. Divers maisons anciennes.

Documentations extraites de :
Archives départementales de l'Yonne, Bulletin des la société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, Histoire d'Étivey en Bourgogne et de son hameau Sanvigne de Robert Perreau
Noms et lieux de Bourgogne de G. Taverdet

2020.11.09 AMV/GB

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